Mes mémoires – Tome 1 – Daniel Swistak

DSWISTAK-Mémoires1 Écrire ses mémoires est une entreprise longue et tortueuse lorsqu’il faut se plonger dans les méandres de ses souvenirs et des événements survenus tout au long de sa vie.

M. Swistak a toujours écrit, surtout après son départ en retraite, et depuis  2018, nous avons rédigé plusieurs livres ensemble, tantôt ses souvenirs, tantôt des poèmes, tantôt des nouvelles… Cette fois, c’est un exercice plus périlleux et plus abouti. Ce travail de mémoire est tout à la fois bénéfique pour celui qui le concrétise et pour ceux qui ont la chance de le lire, car il s’agit d’une mémoire collective aussi. Celle d’une autre époque, qui nous a précédés et qui fait partie de nos souvenirs inconscients, transgénérationnels.

M. Swistak a d’ailleurs fait le choix d’adresser ses écrits à l’Association pour l’Autobiographie et le Patrimoine Autobiographique. Ce don constitue un apport patrimonial précieux pour les historiens et archivistes « en permettant que soit conservée la voix des personnes ordinaires. »

Extraits :

« Je suis né le lundi 20 avril 1936, tôt le matin me semble- t-il, d’après ce que ma mère m’a raconté. C’était dans la maison familiale, au hameau des Frétis, sur la commune de Pontgouin, dans la Beauce profonde, département de l’Eure-et-Loir. À la campagne, les naissances avaient toujours lieu à la maison et c’était la “bonne femme“ qui officiait, aidée dans sa tâche par la voisine. Par inadvertance ou méconnaissance de la loi, ma naissance ne fut déclarée en mairie de Pontgouin par ma mère que le 8 décembre 1936, ce qui entraîna quelques problèmes plus tard. L’importance des choses de la vie d’alors était différente. En ce qui concerne mes parents en tous les cas. Ils n’ont pas oublié le baptême, mais la déclaration de naissance en mairie, si. L’explication vient peut-être de leurs origines. Car dans leur pays de naissance, c’était l’église qui s’occupait de l’état civil à cette époque… »

Arrivée à Montbonnot-Saint-Martin

«  Monsieur le vicomte se gara devant le grand portail, descendit de voiture et alla ouvrir. Alors m’apparut dans toute sa majesté la grande cour de ferme, qui s’étendait sur toute la longueur du bâtiment. » […] L’appartement qui nous avait été attribué était situé dans le grand corps de ferme, au premier étage. On y accédait par un large escalier en pierre qui débouchait sur un palier d’où on accédait à notre appartement par une épaisse porte en bois, comme on en voit dans les couvents. Notre appartement était composé d’un vaste hall qui desservait deux chambres. L’une située au nord-ouest, la plus grande, dont la fenêtre donnait sur la route de la Laurelle, c’était celle de mes parents. Il y avait un poêle à l’intérieur pour le chauffage. Ma chambre était située côté sud, et sa fenêtre donnait sur la cour de la ferme. Elles étaient chauffées par le même poêle. Il n’y avait pas l’eau courante dans nos chambres, c’était encore le principe de la table de toilette, avec le broc et la cuvette. »[…]

« J’apprendrai plus tard qu’une bonne partie des bâtiments qui composaient la ferme avaient fait partie du prieuré de Saint-Martin de Miséré, construit par les moines augustins en 1090. Et ce fut à l’époque le deuxième établissement, par importance, du diocèse de Grenoble, après la grande Chartreuse, fondée par Saint Bruno en 1084… »

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